Qui était Robert Bain ?

Quelle ne fut pas la surprise des ouvriers en charge de la rénovation des portails de l’avenue Robert Bain, lorsqu’au mois de Décembre 2004, ils mirent à jour une ampoule de verre scellée dans l’un des piliers ! A l’intérieur : un faire-part de décès au nom de Robert Bain, un rasoir, une lettre mentionnant une donation faite à la ville de Bois-Colombes, et des publicités vantant les mérites d’inventions aussi hétéroclites qu’une tondeuse ou un « absorbeur de choc pour automobile ».

Mais qui était ce fameux Robert Bain, dont l’effigie orne les portails de l’une des plus jolies avenues de Bois Colombes ? Et quel rapport entre lui et un pare-choc ou un rasoir ?

Pour le découvrir, revenons 120 ans en arrière. En 1891, année de la naissance de Robert. Il est le cadet d’Auguste et Coelina Bain et le seul héritier masculin de la famille, depuis la mort de son frère aîné, 6 ans auparavant. Il nait dans une famille aisée.

Son père Auguste Bain a fondé en 1878 la « Maison des inventions nouvelles », un commerce de coutellerie en tous genres, du rasoir à la tondeuse, situé dans le 2e arrondissement de Paris. C’est également un inventeur, qui déposera 19 brevets d’invention, dont le rasoir mécanique, qui remplace le « coupe-chou » en usage à l’époque.

Enrichi par son commerce, il achète de nombreux terrains à Bois-Colombes et fait construire en 1891  la « Villa Beauséjour », maison bourgeoise, située à l’angle actuel des rues Charles Duflos et rue Carnot. On peut d’ailleurs encore observer dans le jardin de la résidence construite aujourd’hui à cet emplacement une colonne, vestige de la propriété de la famille Bain.

Auguste Bain est également très actif dans la vie municipale. Il est élu au premier conseil municipal de la ville en 1896, lors de la séparation des villes de Colombes et de Bois-Colombes.

Mais un drame survient dans la vie de la famille Bain. Leur jeune fils Robert décède le 17 mai 1904, victime d’une infection dentaire, ayant dégénéré en septicémie. Il est âgé de 13 ans. Auguste et Coelina Bain tentent alors par tous les moyens de faire vivre la mémoire de ce fils disparu. Une avenue est percée sur l’un de leurs terrains, qui relie les actuelles rues Paul Déroulède et Charles Chefson, qu’ils appellent avenue Robert Bain. L’enfant est représenté sur chacun des portails de l’avenue sur un médaillon, mais également sous forme de sculptures au sommet de chacun des piliers. On retrouve également son visage sur l’un des vitraux de l’église Notre-Dame de Bon-Secours. Son nom sera même donné à la dernière invention de son père : le « Protector Robert », cet absorbeur de chocs automobiles.

Mais Auguste et Coelina Bain n’en resteront pas là et après le décès de leur fils, ils feront deux importantes donations à la ville de Bois Colombes en faveur de l’enfance. La première est une donation destinée à financer une bourse de voyage offerte annuellement à l’élève le plus méritant de l’école communal de garçons de la rue Guizot, l’actuelle école Paul Bert B. Cette bourse existera jusqu‘en 1959. La seconde donation est une participation à la fondation de la première crèche de Bois Colombes, située au 5 avenue Robert Bain, appelée aujourd’hui « Le jardin enchanté ».

Le vœu de cette famille  a donc été largement exaucé et le souvenir de leur fils, malgré sa courte vie, continue de vivre à Bois Colombes au détour d’un portail, d’un vitrail ou d’une crèche.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s